Les dernières heures, elle paraissait absente, ses yeux étaient comme deux grands trous noirs qu'il m'était impossible de fixer. J'ai encore le souvenir de son
sourire et d'un poing fermé sur ma nuque quand nous avions cessé de marcher. Ma tête avait heurté son épaule et les mots ne me parvenaient plus qu'à travers une brume opaque. Je n'ai aucun
souvenir de ce qu'elle m'a dit ce soir-là. Le boulevard était proche. Les lumières de la ville m'éblouissaient. On essayait de me pousser dans le dos mais il n'y avait personne d'autre que nous
deux. J'ai fait quelques pas en arrière. J'ai dû murmurer quelque chose en pensant au trajet qu'il me resterait à faire jusqu'à la gare. Je voulais préparer mon départ, un sac avec quelques
affaires, je concentrais mon attention sur la suite, le premier vol, les vagues à l'ouest qui se fracasseraient contre les rochers, les écueils dans l'océan et les jours qui rallongeraient. Mon
passeport était resté à Paris, les notes, le cahier bleu, presque rien. J'attendais un dernier geste, un regard, une explication. Je ne sais pas qui a disparu en premier. J'ai entendu le
bourdonnement d'un moteur dans la rue déserte. Je ne me suis pas retournée vers le trou noir.
I'm coming back to earth
Watching the ghost of a town
With a contact lens without sound
I can spell the right names
Back to earth to the town of mine
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Par C.
1
machine métallique, sournoise, quand on l'appâte bout de gras
comme on entend griffes rétractiles son ossature crayeuse
s'effrite se délite, se pépite, pulpe jusqu'au fond
la grappe mécanique égrène essaime effrénée se parsème rires en boîtes à plusieurs conditionnels et
j'aimerai ne jamais dire je sais - sais - mes mots pesés désossés
me ravise et rembourre de chair
le temps que passe l'été à ne rien foutre moiteur cuisante des corps bercés balancés une deux
l'hiver le temps que je décrasse lave retape la ruine tienne debout les doigts s'agitent
la taule cabossée sous les coups se plisse froide se lisse
se détend les doigts rouges sur le front ce que la pluie radie
et par un beau matin de mars à la limite les bourgeons civils sur les civières au printemps
onze mille sur ton front les taches comblent l'été âpre sur la peau collent les sillons
creusés tièdes
boule au ventre
se gorge
la fine couche en zigzag à la guigne et se gratte un espace se rétracte
dans les airs se détache une corniche sur les toits réfléchit sa carcasse
spectre et vide
boit la tasse
aux pieds des piafs morts-nés
coquille intacte
et le trou pour la paille
—
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Par CC
2
Dimanche 21 décembre 2008
Tu es la bouche lasse sur mon front
Et la mémoire à vide que j'enlace
Tu es la femme sous la pluie
Qui connaît le prix de chaque goutte
Hope Choke Joke
Au centuple
En gardant la monnaie
Le jour se lève enfin
L'hiver redevient l'hiver
Et éclaire de son ciel pur
La surface des choses
Smoke
Je souffle sur la vitre sale
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Par Cranskens
2
L’automne déjà !
Sans voix, je fais offense. De mes cordes rouillées, j’injurie le silence pour la deuxième fois. Une ombre bouche ouverte sous les draps de mon âme se recouvre de l’amour se découvre à genoux à
couvert s’est offerte et me vole au secours. Demain, non. Hier, où étais-tu ?
Il faudrait fuir l’Europe, cette chère et belle mondaine emportée d’idéaux, qui répète l’histoire, le lit sale à l’étage et les taches coutumières
dont l’autre se réclame
qui la veille
autres elles viennent
hommes et femmes et
pareilles
Se peut-il que le sel et le miel sur mes lèvres me rappellent à ce soir où, guettant le ciel enluminé d’hiver, j’ai disparu ? Et me tiennent et m’enlèvent.
Je suis,
danse
et l’étoile.
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Par Cranskens
4
I don’t forget (the breath of god as deep as my invaded eyes)
I lost my mind (i realize that you have not the most infinite face in Time)
It’s just my heart hurting (white and red are the colors of the bell crushed inside)
The road i believed in (and prayers of farewell, that’s where i slept last night)
Before i saw the ground (I’ll return now and then until i touch the sky)
They can wash me with their lies (I’m pretty sure they did)
And keep on looking (walking on the wrong side indeed)
For trouble if they find (Mothers at funerals and roses on the graves)
No one will say (we’re all so lonely babe)
The lyrics are faking (a million tongues are singing)
Got my blue heaven down (revolving in the sea)
And Heartache (endlessly)
I swear i was 17 when i fell in (it’s coming to an end, at least it should be)
It is the waste water of immortality
Let the call be made and mad i must be (i’m carrying my suitcase up to Letterkenny)
Heartache (in vibrating bodies the hurricane begins)
Without dreaming of life
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Par C.
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