Lundi 26 octobre 2009

 

Tant qu’à bien faire

Autant ne pas se découvrir

Ou pour faire bien

D’un fil de rien

Qui flotterait 

A certaines heures

En d’autres temps

Boum

Minable boum

Le barge lunatique 

Respectable boum audible

Jouant des coudes
 

A certaines heures

Ta présence seule

Etait un échec

un trait tiré sur ma tartine

De mots ratés

Pris dans le vent

En d’autres temps

Je consommais

En demi-cercle

Ton corps de pierre

Ton coeur fermé

Le creux, la faille et le murmure

Et loin le haut comme la mesure à ma portée

Et comme la peste

Plus tard encore

Après la nuit et à l’usure

Samuel, Walter et Cie

Cassant les coudes
 

Boum

Misérable boum satisfait

Qui danse, rit et se console

de ce qu’il est le cosmos

Et l’âme et l’absence d’âme

Et la candeur diaphane

Et la pleine nuit

Il est tout ce qui se répand 

Sur le sol nu

Fêlé sexy

 

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Mardi 20 octobre 2009

 


Je marche sur la voie.
Du moins j’espère, je crois sur la bonne. Y’a pas que le large, ils me demandent. Sauf que la terre promise et le grand feu de camp, c’est assez bien pour moi.
Quand j’allonge ce corps en commençant par le bas, je vois un visage plus pâle encore. Et aucune erreur, il me presse et s’imprime sur ma peau.
Après, je signe le papier en haut à gauche comme indiqué au verso.
Je marche un peu plus loin, tiré à quatre épingles, et il n’y a pas moyen de comprendre un seul mot.
Alors plutôt la dose promise et son effet immédiat.
Nous verrons bien. C’est par là.
J’avance sur la route, en suivant les autres.
Je deviens  acceptable.
Je rentre les griffes et qu’est-ce que tu crois ?
Ils me donnent ça et ça.
Je laisse des pointillés derrière moi.
Tu auras le blues.
Je marche sur la ligne rouge, je porte mon âme, mes veines, ma substance, mes organes. Je suis courageux. Je transpire. Je fais et refais la ronde tout là-haut. Les jours passent.
La nuit, je détruis tout. A l’attaque ! Renvoie-moi la balle, retourne-moi la flamme, dessine mon visage sur ton ventre ! On a tous une rue gît-le-coeur, un chemin vert, un passage des tanneurs, une église à vendre. C’est un secret entre lui et moi. Et maintenant entre nous.
Il est mort à telle heure. Il était tard, il était tenté. Il avait la noirceur d’un esclave et les fourmis comme des aiguilles dans le coeur les jours d’avant. C’est chez lui que je traîne toutes les nuits mes visions. Ca parait logique. Tout roule comme sur des rails. Elle est là. Juste là.

 

 

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Mercredi 14 octobre 2009



A pariah dog, a flatiron, a  glass-fronted cross-hatching, the city’s asleep and sleeps like a log. It’s riverside park 3 AM and the city’s fading with no bang clang west poetry. For real. Not a single tune. Neither a howling dog. No shout, no god, no host stuck in an antique comb, no falling prayers and no healthy watch. So i walk along the river and the driven mad man is there with his shined shoes and his lady-killer’s felt hat on his head. Says nothing, mumbles something, looks like he has been told. And he says and i say and i don’t know which train will be taken anymore. He says. I say. That’s it, i’m the chosen one. Right. Who fucks you up with my blackpoems, on and on. Who contributes to the giant joke. I’m one of them, look at my first shots, bang bang, north, east, the city’s asleep, look up, i’m here, ouch, what’s on? I read your poems, you motherfucker, and dig in to the skin, and i’m part of that shit, wandering the streets and the sixties and the fifth floor, with your sunglasses, sitting on the stairs next to the marble fountain. Waiting at your door. Wasn’t born too late, knockout, 1964, trash south. I write words on each knee that kill. On shore with Langston Hugues
my soul has grown deep like the rivers. Woe.


 

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Mercredi 16 septembre 2009


Comme un revenant
reconnu peut-être
De mon vivant je t'ai perdue
Dans ce carnet
Juste toi
Sur une seule ligne sans point ni trait
Ce que j'en dis
Rien
Sinon quelques arpèges
Mais où donc est le désert ?

Tu vois l'étendue
Dans cette ville
Ou encore dans celle-la
L'empreinte de ton corps
La pluie froide

Les remords

Et les yeux sans éclat
Je prendrai le bon livre
Et je demanderai à genoux
S'il veut
Ce que je lui dois (je lui dois tout)
Où est-il ?

Je l'ai perdu contre toi
Et dessous et en toi
Il revient
Qu'il me dise en un mot ce qu'il veut
Il est temps
Et s'il n'y a rien à voir
Qu'il se change en évidence
Et qu'il agonise
Sous la pluie froide

Je serai là
Pour ne pas prendre sa défense



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Mercredi 9 septembre 2009



Nous sommes faits de morts. 

Certains jours nous comptons parmi eux.

Et certains soirs nous tendons des cordes.


Et là, dans la poitrine, certains soirs.

Les morts nous emportent.

Comme un seul homme.


Là, dans la poitrine.

Ils tombent.

Sur nous. Sur un os.


83. Avant-nuit.

Ils tombent.

Certains sans y penser.


Et nous les regardons.

Certains soirs. Des années plus tard. 

Il y a 18 ans. 

Leur langue était une bombe H.


Le même à l’envers.

Il y a longtemps.

Certains soirs nous sommes faits de morts.


 

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Lundi 24 août 2009



Je ne vois rien

Qu’une grande fête organisée

En l’honneur du fatalisme

3 heures je ne rêve pas

Il y a une longue échelle

Qui va bien au-delà 

De la route

La ville haute 

Avec ses distributeurs de morphine 

S’accorde au vide

 

J’ai besoin d’une couverture

Maintenant que je ne dormirai plus

Je veux le linge sale au revers humide

Avec la vérité


 

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Vendredi 21 août 2009

27



Il y a une croix noire sur la carte

Quartier est au sud trois tirets après le chantier

Sur les ondes : retrouvailles à Leeds demain

C’est ainsi

Ou jamais

Tu devrais essayer de t’asseoir

A l’est - la courbe au-dessus du lac indique 5 points - traits - je transporte

A dire vrai 5 ardoises

J’ai une crosse sous les doigts sur tes rêves 

Je pèse tout au plus un peu de lumière

Ca filtre

Pour être honnête, je pèse un peu plus

Je voile

Ce que je cache

Tu as vu ce que je cache

C’est une décennie

 

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Vendredi 14 août 2009


Un dernier modèle
Qui brille
Une 12 CV noire
Dans chaque recoin de l’ouest
Il ne voyage pas
Sur un tapis déroulé

Il cherche l’entrée des urgences
Parce que son corps fragile
Sous les ongles se fendille
Il ne voyage jamais
Tout droit sur la route

Il envoie les lettres
Du plus haut point
Il attend que le verre se brise
Que les portes claquent
Sur ses jambes nues

Puis il se reprend
Il coupe le moteur
Comme il voyage seul
Il s’assied à l’arrière
Il compte les nuages blancs
Et les hommes à chapeau
Il y en a peu

La fille lui sourit
Il lui promet de revenir
Mais qu’elle le laisse maintenant
Il a de la route à faire
Il y a le mot fossé
Et le trafic de nuit
Il ne peut rien inscrire dans la pierre
Il l’échange contre une nouvelle paire
Et un accent hongrois

Il y a un royaume
Il y a un roi
Epuisé au réel
Qui s’endort à la fin
Ange à la cigarette
Au tout petit matin
Qui voyage




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Mercredi 15 juillet 2009


Au cours d’une promenade
Qui donne le mal de mer
Mi-métal et tweed baptisé
Du brave Blackstone
A genoux sur les rails

Bon Dieu, faisons les comptes
Express
Un cadavre va être expédié

7 heures, 7 heures précises
La faction en ombres dispose
La tenture laiteuse
De Peter Lorre
Et le moment d’après,
La main éconduite

Dieu sujet mexicain,
Chacun a vu le ciel
Se pencher vers l’indien

Maintenant, ce qui va suivre :
Faust est hors d’atteinte,
Dieu s’éteint à Parian;
Et non loin du fracas
La roue tourne à l’envers

Le chapitre final
Est strictement exact
La roue tourne à l’envers


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Mercredi 8 juillet 2009



C'est dans cette chambre incommode que nous laisserons filer les heures. Juste le temps de faire l'inventaire et de saluer ton évolution. Les boîtes à ordures se déchaînent aux alentours du matin, carnassières de plastique, ça touche à l'enfance de l'art, qui donc en est revenu? Les draps moelleux de nos anciens emmaillottent le macchabée. Le cadavre pourrit, fleuri de motifs familiers. Il ne faut jamais revenir, ne pas y aller de main morte, le cadavre pourrait fleurir. Dans ma tête, les roses crâneuses qu'on hume devant le ravin et qu'on jette après le corps sec descendu au-dessous de nous et qui volent et se dépouillent en vol. Les maigres suiveurs assembleurs de la nuée du cortège, mille âmes pour quérir nos bières et nos longs bras veinés de feu que l'on gorgera d'extincteurs. Le soir viendra bien assez vite où nous regagnerons le lit que la mort habita hier. Gardons le rythme (...)



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Frankie Addams





It happened that green and crazy summer when Frankie was twelve years old. This was the summer when for a long time she had not been a member. She belonged to no club and was a member of nothing in the world. Frankie had become an unjoined person who hung around in doorways, and she was afraid. In June the trees were bright dizzy green, but later the leaves darkened, and the town turned black and shrunken under the glare of the sun. At first Frankie walked around doing one thing and another. The sidewalks of the town were gray in the early morning and at night, but the noon sun put a glaze on them, so that the cement burned and glittered like glass. The sidewalks finally became too hot for Frankie's feet, and also she got herself in trouble. She was in so much secret trouble that she thought it was better to stay at home—and at home there was only Berenice Sadie Brown and John Henry West. The three of them sat at the kitchen table, saying the same things over and over, so that by August the words began to rhyme with each other and sound strange. The world seemed to die each afternoon and nothing moved any longer. At last the summer was like a green sick dream, or like a silent crazy jungle under glass. And then, on the last Friday of August, all this was changed: it was so sudden that Frankie puzzled the whole blank afternoon, and still she did not understand.

Carson McCullers







Le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes




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