Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 12:39

 

Tombante au ras des lèvres
La lumière de ta peau
A embrassé l’espace
Faisant de ton corps
Une ombre brillante au tableau

 

Publié dans : poèmes - Par cranskens
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 13:39

 

Je lis ta lettre sur le balcon
Qui me rappelle toutes les autres
Et je prends la hauteur du vide
Comme un océan de ténèbres
Résolu et cruel

Le moi creusé d’attentes
Tombant et retombant sur le mot
Devient l’écorce d’un astre
Et sous son voile de poussière
Le lieu se vide
De la possibilité d’un tout

Étrange machine de soi-même
Deux notes claires suspendues
À l’aile d’un oiseau
Sifflant la source et la suite

 

Publié dans : poèmes - Par cranskens
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 19:36

 

L’ombre de l’homme
Et toutes ses variations intactes et fragiles
Se tendent sur le même trait de feu -
Horizon entravé de folles ouvertures
Et de fragments stériles
Comme un chemin pavé de notes pures
Que le délire des routes droites a cerné
Et que tes yeux inconsolables
Réorientent chaque jour

 

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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 21:01

 

Je marche le visage couvert de cheveux blancs
Dans un trou de fêlures et d’étoiles figées
Soudain des voix me réchauffent : la diseuse, le poète, le gitan
(Qui ne valent rien)

Petite fille
Tu étais toutes les couleurs que j’ignorais
Et tu étais autre chose
(Le pont s’est effondré)
Tu deviendras vieille comme le monde
Une étendue sèche
Au regard impossible
Ton amour sera étouffé par les repentir
Et les cendres inévitables
De ton sommeil de conte
Où la lumière s’infiltre
Qui veillera au grain de l’histoire

Publié dans : poèmes - Par cranskens
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 12:21

 

Je n’ai fait que rêver dans une voie de garage
Un coin troué de la carte aux nerfs emmêlés
Au souffle cimenté de fabriques infernales
Et j’ai tourné jusqu’à perdre la lueur
Qui perçait de l’ordre infini

Un point donné (une image fixe)
Est sorti en roue libre du mois le plus fou
Le corps était le ciel
Le corps était la terre
Maintenant que le corps n’est plus qu’une traversée
Jour réel - Je suis un morceau de toi
De jour déjà éteint
Et les visages éclatent d’hommes fiévreux égarés sous leurs masques
Avec leurs mains jointes aux barreaux qui prient pour oublier
Leurs mains de tueurs qui écrivent
En refermant le monde sur lui-même

                                                                                  xxxxx

Les mots ont appelé à l’aide
Qui ne viendra pas
Et il n’y a pas plus de raisons à cela
Que celles du miroir qui marche droit
Vers l’iris exalté du ciel

                                                                                  xxxxx

Un temps je dis : ton corps
Garde les traces
Meurt dix mille fois
Renaît presque autant
Deux : tu voulais la carte du ciel éteint
Plus tard : c’est simple
Un titre couleur herbe le souligne en gras :
Qui suis-je ?
Et toi : qui étais-tu ?
Ou bien était-ce la question de tes doigts de pierre ?

                                                                                  xxxxx

L’histoire se craquelle en suivant les fils
De la lumière sans trame
Comme une chanson de marins
De morts
De nomades

Je m’endors prudemment en regagnant le nord
À la hâte
La glace d’avril se fissure
Elle me parle d’un abri perdu
En lâchant des Ah! terribles

Oh je n’oublie pas
Les corps qui se mêlent à la lumière blanche  
Derrière le cadre obscur

                                                                                xxxxx

Je vais retrouver dehors
Ce qui n’ayant pu être
Sera
Et le sens ébloui du rythme

 

 

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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 15:53

 

Les silences réunis 

Dans un joyeux bordel de liens coupés repris

Ont sauté sur une mine sèche

Et les mots comme des horloges en berne se sont écrits

Dans le nouveau désordre

À la ligne

Le silence veut aller plus loin 

Que la route bloquée 

Par les bombes sous nos pieds

Qui ouvrent les possibles

Il s’élève s'engouffre et bang 

Au hasard des sermons

Allons nous-en 

Je tu et tous

Tambourineurs d’aiguilles

Quittons la voie du conteur immobile

Aux images comme son ombre

Emmurée vivante

 

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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 16:25

 

Le lieu sûr dans la poche frotte contre le blues du silex
Répétant les boucles
Dans les lignes du temps creusées d’aiguilles

Plusieurs fragments :

Un dans le ciel
Un dans le gouffre
Un autre encore à la pointe de la langue a pris d’assaut la cage thoracique
Et appelle à reprendre
L’autoroute des gamelles droites
Couleur nuit
Lecture :
Dernière couleur
Les amoureux ont un trait sombre sous les yeux
Et un cri féroce dans le cœur

Oublie les marins
Oublie-les encore
Oublie le poète et son double encombré d’une pile de boîtes noires
Qui se traîne comme une rampe et construit des tours
Oublie-les toujours
Quand tu forces la serrure
Les clés sont à l’intérieur
Et la page suivante un souvenir

Le soleil tourne et se positionne
Dans la brume folle au petit jour
Les croix défilent sur le planning
Jusqu’à l’ombre intraduisible
Qui de toutes façons s’est perdue
Dans les feux braqués sur la tempe du ciel

La sortie ne fait jamais la manche
Attention : elle va repasser devant tes yeux
Sous une autre forme
C’est un spectacle continu
Attrape-la : elle ouvre des portes irradiantes
Comme des crashs

Je me fais roche
Comme une dernière formule
Apprise sur les lèvres d’un dieu récupérateur
Et je diffère encore la rencontre
Avec le passeur dans l’ouverture
Qui cherche à l’aveugle

Alors que la nuit respire
Je fais un pas de côté
Sur les rails vides
L’océan craque au loin
De tout son poids
Je t’ai perdu en suivant le fil blanc
Et oh
Si j’écoute bien
Je n’ai plus mal d’être triste

J’ai avalé le temps comme une plume
Et à présent que je pose le pied
Et que je touche l’arbre pour ce qu’il est
À savoir l’arbre d’une liste
Aussi longue que la route qui me coule des yeux
Ou qu’un enterrement de marins
J’entends battre le cœur du cygne

 

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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 01:50

 

Le vieil homme demande un café
Avec ses mains noueuses il ramène la poussière
Tout près du vide
Dehors la pluie ambrée
Comme un lâcher d’épines
Retrace la ligne du ciel
Une chance
C’est un réel sans trame
Avec des coutures de golem
Et l’azur sous les pieds
Les racines tombent mollo
Jusqu’à frôler les têtes ruinées d’étoiles
La terre est accrochée là-haut
Dans la brume des sommets
Les traits d’or et la nuit se mêlent au dernier rayon vert
De l’asphalte
Le vieil homme demande un autre café
Pour la route
Et disparaît dans une flaque

 

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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 18:36

 

Entre la chair des mots déglingués
Et le verbe qui tient la rampe verte
Je donne tout jusqu’au bout et les coups du sommeil
La solitude fait rage entre les dents


Je passerai d’un jour à l’autre sans dragée
Et tu ne seras pas le premier à sombrer dans les flots de flashs adoptés
par ruse
Une belle ruse tachée de silence
Je me demande :
“Is there an electric way ?”
Entre deux cils de fièvre
Ce sont les rêves d’une seconde frappés contre la porte qui s’éternisent
Une minute plus tard
Je m’endors en courant allumer la musique
Et je n’en dis plus rien


Tout le poids du monde
Au bout de la route
Il y a tout le poids du monde
Attaché à la main d’un fantôme
Depuis le début troué des temps
Et jusque la fin pourrie de vieilles lunes

Ou bien

Reprise choc du tragique
(La paix de l’évidence)
Qui retrouve les souvenirs d’enfance
Sous un tas de feuilles mortes
Dans une strie parallèle du chemin


Feu dans les bottes
Granules fake dans les poches
Crac temporel
Electrochoc boum

 

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 15:22

 

Décharge des mains noueuses qui ramènent la poussière
Chaque fois que la porte s’ouvre
Je claque des dents
Aucune page ne mentionne ton nom
Ni tes visions de langue libre
Qui me suivent comme ton ombre
Sur le fragment de ligne
Ton chandail clair me tombe des bras

Je rejoins l’horizon
En laissant le chemin
Aux mille traits parasites
Fêlés de la bouteille
Tournant comme des croix
À l’intérieur de la pluie
Et je goûte la terre pleine
Tachée de neige

 

Publié dans : poèmes - Par cranskens
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Frankie Addams





It happened that green and crazy summer when Frankie was twelve years old. This was the summer when for a long time she had not been a member. She belonged to no club and was a member of nothing in the world. Frankie had become an unjoined person who hung around in doorways, and she was afraid. In June the trees were bright dizzy green, but later the leaves darkened, and the town turned black and shrunken under the glare of the sun. At first Frankie walked around doing one thing and another. The sidewalks of the town were gray in the early morning and at night, but the noon sun put a glaze on them, so that the cement burned and glittered like glass. The sidewalks finally became too hot for Frankie's feet, and also she got herself in trouble. She was in so much secret trouble that she thought it was better to stay at home—and at home there was only Berenice Sadie Brown and John Henry West. The three of them sat at the kitchen table, saying the same things over and over, so that by August the words began to rhyme with each other and sound strange. The world seemed to die each afternoon and nothing moved any longer. At last the summer was like a green sick dream, or like a silent crazy jungle under glass. And then, on the last Friday of August, all this was changed: it was so sudden that Frankie puzzled the whole blank afternoon, and still she did not understand.

Carson McCullers







Le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes




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