sans aiguilles

Publié le par sneksnarc

 

J’ignore tout des morts
Et de l’amour terrible qui les a précédés
Je reprends juste leurs calculs
Absolument vains
Leur nom étiré jusqu’à l’os
Et peu à peu je remonte la couverture jusqu’à ce creux du cerveau
Où je m’endors en rêvant aux épines miraculeuses
De leurs organes avides
Qui s’entrechoquent


Il me faut la face obscure de leur mémoire sélective
La face B : sans aiguilles - indéterminée
Leurs battements d’ailes électriques sur le comptoir de bois mouillé où les verres vides se brisent
Un à un


Je recrache en plein chaos
L’enfant féroce qui les a pondus morts sur la grande verticale
Avant de se plier à la règle de trois
Puisqu’ils sont une armée de plomb
Sur le disque rayé


Phase un : c’est l’horreur (l’horloge méticuleuse de la petite entrée tictaquote dans l’espace crevé).
Phase deux : je pars, j’abandonne, je me risque au-dehors, l’arbre est désespéré. Le vertige se mesure aux braises de la tête. Je tombe sur des autels et de la poudre aux morts, un papillon de nuit pailleté de vert, toute la largeur des âmes avec ce trou noir d’une étoile à l’autre, les images transfusées, tout tremble.
Trois : le désert sans prévenir j’y suis, monstrueuse nuit du commencement.


À l’origine tu vois je sais je sais : les enfants recréent l’espace, l’amour même sur les vitres et dans les stocks de sales mines sous médocs rayonne encore le beat ultime.
Un jour viendra.


Maintenant je suis à quatre pattes j’imagine aux aurores machine hybride il et elle aux aguets sur le bitume trempé à la lune retournée, le drame éteint aux cimes.


J’attends le retour des ombres oubliées.


Le cri des morts lentement inspiré.


Dans ma poche-revolver, j’ai la liste grignotée des crimes de la machine.

 

Publié dans poèmes

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Gobi 08/08/2013 12:40


Cloué ! Sublime !