et je m'arrache de moi-même

Publié le par cranskens



Le paraître constamment l’inverse

De grandes feuilles de papier A4

Mon corps ne répond pas

Je suis un être sans fond 

Un homme une femme un petit garçon 

Privé de tout autre autre désir 

Le désir me conduit à ma perte

Je suis l’être sans conditions

Compris non compris non 

We’re late tout se complète

L’étendue du temps

Les espaces laissés vides

Les schémas blancs de la vie réelle

Son cortège de vaisseaux toxiques

Je suis il et elle et celui d’il y a longtemps

Celui qui est né et celui qui va naître

Avec une poignée d’autres 

A cran battue, rompue, les coudes en sang

Plus tard perdu, rêveur et le fleuve dans les veines

De là tenant le monde dans le creux de la main

Je l’envoie en l’air

Ou bien je nage dans un champ de terre

Je l’ai toujours dans la paume et je serre

Quoiqu’il en soit le monde implose en rencontrant le ciel

Je n’ai pas fini mais c’est tout comme

Je frissonne au soleil

Le corps dépouillé des tissus lourds

Qui volent

Un mètre au-dessus du sol

Je suis au-dessus du sol

 

Publié dans poèmes

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delphine 03/04/2010 16:13



j'aime beaucoup, beaucoup tes derniers textes - leur rythme, saccadé


et d'une ligne à l'autre, d'un fragment sauvé à sa perte au suivant, l'espace libre


d'entrevoir ce qui se cherche hors de l'esprit de cause à effet


( connais-tu ghérasim luca? certains de ses textes te plairaient j'en suis sûre!)


et je ne sais pourquoi


du fait de cette liberté qui naît de te lire


je me suis souvenue de cette merveilleuse balade de françois villon :


 


Je meurs de seuf auprès de la fontaine,
Chaud comme feu, et tremble dent à dent ;
En mon pays suis en terre lointaine ;
Lez un brasier frissonne tout ardent ;
Nu comme un ver, vêtu en président,
Je ris en pleurs et attends sans espoir ;
Confort reprends en triste désespoir ;
Je m'éjouis et n'ai plaisir aucun ;
Puissant je suis sans force et sans pouvoir,
Bien recueilli, débouté de chacun.

Rien ne m'est sûr que la chose incertaine ;
Obscur, fors ce qui est tout évident ;
Doute ne fais, fors en chose certaine ;
Science tiens à soudain accident ;
Je gagne tout et demeure perdant ;
Au point du jour dis : " Dieu vous doint bon soir ! "
Gisant envers, j'ai grand paour de choir ;
J'ai bien de quoi et si n'en ai pas un ;
Echoite attends et d'homme ne suis hoir,
Bien recueilli, débouté de chacun.

De rien n'ai soin, si mets toute ma peine
D'acquérir biens et n'y suis prétendant ;
Qui mieux me dit, c'est cil qui plus m'ataine,
Et qui plus vrai, lors plus me va bourdant ;
Mon ami est, qui me fait entendant
D'un cygne blanc que c'est un corbeau noir ;
Et qui me nuit, crois qu'il m'aide à pourvoir ;
Bourde, verté, aujourd'hui m'est tout un ;
Je retiens tout, rien ne sait concevoir,
Bien recueilli, débouté de chacun.

Prince clément, or vous plaise savoir
Que j'entends mout et n'ai sens ne savoir :
Partial suis, à toutes lois commun.
Que sais-je plus ? Quoi ? Les gages ravoir,
Bien recueilli, débouté de chacun.



Agnès 09/03/2010 14:35


Une brise légère et indefectible à ces mots, toujours plus beau dans ce silence...