dans la musique

Publié le par sneksnarc

 

Il est minuit passé, l’horizon se déroule. Lettre après lettre, bloc après bloc, la terre, le ciel, la mer, rien. D’abord les rêves du monde. Je suis ici chez moi. Le Sieg ne viendra plus, l’aiguille s’est arrêtée. Sa voix sanglote de free jazz à l’autre bout du fil. Tu comprends ? Oui, je comprends. Tout s’éclaire, les rues, les insectes, la question centrale. Au lieu de dormir, je m’attarde sur un point de détail à déchirer en deux ou à mettre au pluriel. Ma bouche est condamnée de pierres. Je sens la rouille sur mes lèvres, sur les pierres, je crache. La nuit arrive avant l’heure. Dans les ruines, je fais les cent pas. Je pense : le monde est à demi-réparé. Alors je n’ai plus peur. Le chemin vers l’est est encombré d’ailes et d’esprits frappeurs, d’âmes humides et de ventilateurs. Quelque chose se fissure. Il y a de la rouille sur les marches. Je fais le tour du lac en pensées. Au carrefour, pas d’indication, pas d’est en vue, mais l’ouest brûlant, l’ouest gasoline, le trou noir. Il est minuit sonnant et je devine la douce clameur du dernier esquif sur le fleuve immense. Dông, c’est la formule magique, elle emporte, lune après lune, lettre après lettre, bloc après étoile, fragment etc. Cut off. Le tabac blond papier doré du jour d’après me réveille. Quelques miettes tombent pour les oiseaux. Quelques oiseaux transforment la nuit en bal et je disparais dans la musique.

Publié dans poèmes

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