appel d'air

Publié le par cranskens

 

À chaque pas
Il y a longtemps
Je recevais le courant sud sud-ouest
Et j’étais presque sauvée
Un moment d’absence et je redevenais l’esprit fou
Qui se raccroche aux langues cruelles
De la lumière éventrée

Et puis :
Je ramais dans un rêve tout autre
L’eau parlait dans les trous
Et ce n’est pas un mais plusieurs fleuves qui m’emportaient
En recrachant le monde dans le large horizon

Seul l’oeil rudimentaire touche le fond solide
Où les mémoires disparaissent
Avant de renaître au réel
Débarrassées des faits établis
Et des coeurs piétinés

Lumière insaisissable
Aux épines dans les ombres et à l’ombre portée
Aucun sentier n’y mène
Aucun récit

Une histoire de ponts
Dans le hangar une vieille branche est démantelée
Pièce par pièce
Et la certitude s’établit d’un présent sans nuances

La trame est tranchée
Nous ne sommes qu’une croix
Partout
Nous ne sommes qu’une vieille croix insoumise
Mais jusque là : il y avait la lune
Et le sale reflet
Sale seulement
Reflet seulement
Et le ciel inférieur sur lequel voguait notre âme

La grande note se perd en hypothèses
Et nous continuons d’attendre le visiteur
Qui ne vient pas

 

Publié dans poèmes

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