terrain vague

Publié le par C.Egolf





Pas grand chose dans cette boîte en métal cachée sous le lit. Une cassette audio sur laquelle sont enregistrés les succès radiophoniques de l’année 1982. Quelques lettres. Des photos. Mon vieux journal intime.
Je glisse la cassette dans une de mes poches de jeans, je m’attarde sur les photos, parcours les lettres, pas longtemps. Je relis les dernières pages du journal intime, je ne ressens rien - ou si peu. Je range le cahier, les lettres, les photos -sauf une- dans la petite boîte à biscuits que je réinstalle précautionneusement au milieu des nids de poussière, sous le lit.
J’ouvre sans bruit la fenêtre de ma chambre et m’installe sur le rebord en briques rouges. L’acacia qui trône au milieu du jardin ne veut toujours pas mourir malgré les lianes parasites qui le rongent et qui l’étouffent. Je me souviens du hamac suspendu il y a longtemps déjà entre le vieil arbre et le cerisier. Même à grand renfort de coussins, je ne m’y étais jamais sentie à l’aise. Je l’avais vite délaissé, lui préférant les marches de l’escalier qui menait à la terrasse et le banc de bois délabré qui donnait sur la rue de Mayenne. Une petite porte qu’on n’ouvrait qu’en de très rares occasions permettait d’y accéder. Généralement, les sorties s’effectuaient depuis l’autre entrée de la maison familiale, que défendait un lourd et massif portail vert bronze couvert de rouille. La petite porte en chêne avait été peu à peu condamnée à l’immobilité. Ne demeurait du rôle lointain qu’elle avait du jouer en d’autres temps que cette enseigne de fer fantasmée du haut de mes rêveries d’enfant : “Cercle d’escrime - 1881”.


Publié dans textes

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Audrella 24/04/2007 14:04

je t'attendrai avec impatience... et je lirai Mantra dès que possible

Shaggoo 20/04/2007 14:30

Je connais bien ces envies de partir pour te les reprocher.D'ailleurs mes pas sont trop neufs dans ton carnet. J'en profiterai pour te lire... :)

delphine 19/04/2007 13:57

fluide... je me joins à leonard : j'y étais déjà, une porte claquait, un souffle venant du jardin s'engouffrait dans l'escalier, un mystérieux cercle d'escrime hantait l'imaginaire tout à coup enfantin...et à moi aussi, tu manqueras.(reviens bientôt lunar)

Eric LÖW 19/04/2007 08:49

bon voyage intérieur
reviens dès que tu es prêt !
salut C.E. !

L. Eliot 18/04/2007 18:55

Touchant tableau, déjà presque familier, pour un départ. Ma machine à moi continue de gémir, j'ai beau mettre mon doigt partout...Un verre se casse, tu vas me manquer.