Putain, douze ans...

Publié le par C.Egolf





Trop d'attentes depuis 1995. 1995, il paraît que c'est la dernière fois où on a vraiment voté.
Moi, en 1995, j'avais pas encore le droit de vote. J'attendais même pas de l'avoir, on était assez confiant à vrai dire. Bon, y'en avait sûrement un ou deux qui avaient placardé la tête de veau chiraquienne dans leur piaule mais ceux-là, on les connaissait pas bien, on les désertait plutôt, et puis ils faisaient pas le poids. C'était l'époque où on pensait qu'être de gauche était naturel. On n'avait personne à convaincre sauf nous-mêmes. On en parlait pendant des heures, une espèce de foi en l'homme, évidente, alors qu'on savait déjà que ça se passait pas comme ça. On sublimait tout, on trucidait aussi, nos contradictions nous faisaient mal au bide, c'était comme une habitude, on s'y était fait. On n'en sortirait jamais, c'était tout ce qui comptait. On s'est superbement ramassé en 1995, on s'est organisé pour partir au Portugal, finalement on est resté, on a attendu d'avoir le droit de vote et on a voté en 2002. Le Portugal, je sais pas pourquoi.


J'ai lu ça quelque part, dans un magazine boursouflé, qui m'agace et que je lis tous les mois, et qui s'adresse à de jeunes vieux un peu trop pleins d'eux-mêmes. Dont je ne suis pas. On n'en sortirait jamais j'ai dit (et en effet).
Voilà, c'est un texte de Léo Haddad, bon, y'a pas grand'chose à en tirer mais faut dire ce qui est, je suis un peu autiste moi aussi :


Quelque chose en nous ne tourne plus rond. Normalement, les choses sont assez simples : tu vas au bureau de vote, tu mets négligemment ton bulletin de gauche dans l'enveloppe, tu te fais réprimander par une dame qui t'oblige pour le principe à aller sous l'isoloir, et puis paf, dans l'urne, "A voté", c'est bon, tu peux rentrer chez toi écouter le nouveau Morrissey.
Les trentenaires de 2007 ont grandi dans un monde politique tout ce qu'il y a de plus simple. Ils ont passé leur enfance/adolescence sous Mitterrand et leur âge adulte sous Chirac. Ils ont connu les trois cohabitations, deux dans un sens (Mitterrand-Chirac, Mitterrand-Balladur), une dans l'autre (Chirac-Jospin). Ils savent. Nous savons. Nous savons quand c'est mieux et quand c'est pire. Nous ne voterons jamais à droite, plutôt crever. Nous sommes tous un peu morts en mai 2002 (...)


Publié dans ailleurs

Commenter cet article

Jenny Suarez-Ames 01/03/2007 14:30

Moi aussi ça m'épate de voir des sarkozystes de 17 ans... J'avoue tout : je crois que je ne vais pas voter Ségo au premier tour, je n'arrive pas à voter utile, c'est pas bien peut-être, ça provoque des engueulades monstrueuses avec les 9/10 de mes camarades mais qu'y puis-je ?"Les sarkozystes de 17 ans", rien que relire ça... C'est Oum et son engagement chrétien. Le jeunétudiancatholique villiériste de moins de 25 ans.Au secours.(euh, pardon pour ce kom bordélique, j'ai pas beaucoup dormi et je viens sur injonction du tenancier de ce blog, avec qui je partage une addiction aux terres saintes de monsieur vatreumèze)

jefferson 27/02/2007 11:30

tu as bien très bien vu le paterlanisme. moi aussi, hanté, ai recherché des mots puis devant le succès flagrant de nos machines à infantiliser, j'ai voulu poursuivre le travail de sape du juge à corde de chanvre. heureusement que tu n'as pas lu les liens, aucun humour derrière ceux-là. merci d'avoir mordu à l'hameçon, nous ne sommes pas seuls et je te découvre.

lunar 26/02/2007 01:07

une envie de désert...

Thom 25/02/2007 21:23

Il est excellent ton article !
Moi non plus j'avais pas le droit de vote en 95, je militais secrètement pour Robert Hue, mais c'était seulement parce que j'aimais bien sa gueule :-)

Eric LÖW 25/02/2007 09:23

moi à 46 ans, j'arrive encore à être épaté : épaté de voir des jeunes à la tévé, 17 ans & adhérents UMP !... à l'âge où l'on EXIGE en général de changer le monde, où l'on passe les heures nocturnes à le réinventer, certains adhèrent à l'UMP !...