Tard dans la nuit (2)

Publié le par C.Egolf






La nuit brille, sans nuance, noire avec des trous de lumière, dont l'ivrogne éconduit se réclame, dieu des éclaboussures, il s'attarde, fenêtre ouverte, quelle part de lui ? La pièce se vide, il transpire, les mots giclent, il est seul. Il convoîte, se penche et ramasse le cadavre qu'il porte à ses lèvres. Sauve les dernières gouttes, retourne d'où tu viens, embrasse les morts pris dans la glace, puis laisse les se geler sous la terre et marche, trajet invisible, de pierre en pierre, sauve toi.

Au cours du voyage, il s'était réveillé plusieurs fois, route chaotique, agitée de spasmes, ruptures ou excès de silences, et la voix, le corps de l'être qui l'emmène ailleurs, enracinés, sertis dans le silence de ses yeux entrouverts le temps d'un rêve, l'autre est un ange, tout est illuminé, blanc, noir, il succombe enfin.

C'est toi en face qui me regardes, la fenêtre fermée, je dors encore un peu, frôlé par tes mains, mon front, mes lèvres, je suis loin, la lumière, toi, le manque, la pourriture, loin sous terre.

 

Publié dans textes

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