Tard dans la nuit

Publié le par C.Egolf






Il était tard, j'avais ouvert la fenêtre pour fumer. Le clocher sous les nuages noirs. Silence et peur du manque. Tu dors. J'aurais voulu croire en Dieu pour une fois, entrer dans l'église et me perdre dans la contemplation du Christ supplicié. Allumer un cierge, m'enivrer de vin, dire et redire une prière et monter au ciel au bout de l'extase. La foi m'ignore. Chapelles, saints, cantiques, j'ai glissé sur la rampe qui mène au chemin de croix. J'ai rêvé de m'agenouiller, la tête levée, les mains serrées, l'organiste aurait le vertige et jouerait toute la nuit. Un son puissant qui m'étreindrait. La lumière enfin, je saurais la souffrance, révélation, démence.

Tu dors, il est tard, la fenêtre ouverte ne te réveille pas. Tu songes à tes morts, peut-être. Construire et déconstruire, je n'en ai aucun. Je vole, libre, vers le sommeil. Est-ce que je te trouverai sur le chemin ? Même Dieu n'est pas mort. Je referme la fenêtre, je te regarde dormir encore un peu. Sous ton ciel sans clocher, veillé par tes morts, je me suis allongé.


Publié dans textes

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L'oeil regardait cahin-caha 06/02/2007 23:19

Et dans cette église, entendre s'élever le choeur du requiem de Fauré.

Amaury 06/02/2007 16:48

Toi aussi, tu souffres d'insomnie, cette pathologie répandue sur nos blogs aussi...

Don Jerry Can 29/01/2007 10:42

je viens de te mettre en lien sur mon bloc notes .