la complainte du lit

Publié le par C.Egolf







La source du mal
Est cachée derrière ton lit
À l’heure où tu t’y accroches
Pour ne pas te renier
Il y a le tic
Puis le tac
Et tu tombes, tu te laisses glisser
Et tu coupes la source du bruit (la source du mal)
Pour mieux l’assimiler
Et tu refoules
Tu gardes encore des traces dans la bouche,
Des éclats de sommeil qui brillent, ton reflet apaisé
Et tu les craches
Il y a une œuvre d’art dans ton lavabo
Tu sors de la nuit pour y retourner
Avec le vœu d’une cassure qui recule
Indéfiniment
Tu t’aplatis sur la table
Comme si ton lit n’existait pas
Et tu feins de l’ignorer
Tu sais qu’il en souffre en silence
Il y a des jours où il jalouse ton ailleurs
Il n’est plus recouvert de toi
De rêves, de mots soufflés et d’attentes
Il n’y a plus de sons dans tes draps
La rupture peut laisser des séquelles
Tu refuses de l’aimer comme il t’aime
Tu te forces à la source du mal
Mais il sait patienter
Une nuit, il t’arrachera à des jours entiers
Et l’éveil sera mixé avec les songes
Le bruit n’annoncera plus la fin des étoiles
Tu l’aimeras enfin comme il te voit


Publié dans poèmes

Commenter cet article

Audrella 22/01/2007 11:55

chère amie... ce poème a une telle force et elle résonne dans ma tête comme le songe eveillé, il y a une persistence... il y a réminiscence... as-tu entendu dans ma tête cet écho pour écrire ces mots ? une impression de déjà-vu, déjà vécu...

Eric LÖW 22/01/2007 11:12

visions nocturnes, cauchemars du jour