à ma mère

Publié le par C.Egolf







Elle n'est pas cicatrisée, cette déchirure, il faudra attendre encore, jusqu'à la fin peut-être. Tous acquiescent devant ce tableau cent fois trop grand de la mère qui sera toujours ce qu'elle est à présent. Autrefois, quand elle était petite, on l'avait remplie à ras bord. Eclipsé le père absent, étirée l'enfance, à rallonge, on s'en était chargé, non sans regret, jusqu'à l'éternité. Et l'urgence du manque à rayer qui se perpétue, sa fille la fait sienne puis apprend à rayer, elle aussi, certaines certitudes. Et d'autres l'agrippent, quand le sommeil s'invite, c'est qu'elle ne tient plus debout. "Aucun tableau de moi ne fera jamais baver personne", c'est ce qu'elle pensait, ma mère, le temps ferait l'affaire, l'attente, se vautrer de nombreuses fois encore dans l'attente, son attention, charmant tableau.

Je ne sais pas sa lutte, sa solitude, sa souffrance, je sais juste l'escalier qui s'apprête, le soir, dans la maison sans soleil de mes grands parents et la pesanteur au fil des marches et les soirées en tête à tête, à deux, à trois les jours de fête, et l'enfance qui s'envole, promesse éteinte, l'enfance qu'elle m'a offerte et que je serre en moi et qui me porte, l'abri insaisissable qu'elle m'a construit, les larmes cachées de ma mère.


Publié dans textes

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mummm 29/02/2008 22:06

chépa qwa direj 'ai le coeur serrémerci pour ce texte magnifique

l'emasculeeconception 07/07/2007 21:36

les larmes me viennent aux yeux, que d'émotions dans ce texte!

Audrella 09/01/2007 19:48

ce texte est magnifiquemerci

est-ce-telle? 08/01/2007 14:37

aucune explication de texte, pas l'envie de développer...juste suivre des yeux  ces mots, pleurer s'il le faut, sourire peut être...et quitter cet univers pour mieux y retourner dans un instant, un jour ou une éternité...peu importe! mes yeux  y sont agrippés