Descente (sur terre)

Publié le par C.Egolf






Il s'est laissé surprendre, envoûté. La figure tutélaire, si prompte à investir, à donner du relief, s'est incarnée. En creux, le deuil et l'imposture, images séculaires de territoires occupés, bras tendus, gorge basse, monarque éclairé. Il aurait tout donné, ange à rebours au déballage obscène, jusqu'au dégoût du devenir de l'être, sans retour (ou si peu), sans preuve, sans rien. Le temps est suspendu au seul fragment d'une stèle, devançant l'entité érigée sans accord, et en écho, le livre. Concordance du vide et de la fracture, il a construit un mur, une enceinte auréolée des astres de la mémoire. Une cathédrale s'élève et, tombé à genoux, il embrasse la somptuosité de son acte, définitif, indépassable, comme l'excès inscrit dans sa chair, et les flots se déchaînent, bleus sans âme. Les vitraux s'illuminent d'offrandes impudiques, projections élargies vouées à ce seul nom qu'il psalmodie sans fin, réinventé, le goût du leurre en bouche devient suave et le guide s'éprend de la pierre.


Il contient l'univers, il tient à distance la raison qui l'entrave, il est cri, brûlure, l'entaille entre ses doigts. Le corps se tord, l'encre gémit. Bientôt souffle un refrain, la honte et le pardon, chuchotés en-dedans de ce puits sans fond, ruisselant de soupirs, qu'un fantôme habite, qu'il aime et qu'il pleurera, sur la terre, comme au ciel, ô mon Dieu (How have I offended thee ?)


Publié dans textes

Commenter cet article

Eric LÖW 21/01/2007 11:57

1 écriture qui donne à d'autres l'envie d'écrire... n'est-ce pas la meilleure chose qui puisse lui arriver ?

est-ce-telle? 30/12/2006 22:06

comme je suis petite..toute petite.... égarée dans un torrent de mots que jamais je n'aurais osé  lier  par crainte de les bousculer...et toi...toi...tu le fais si bien...
chapeau bas!