dia de los muertos

Publié le par C.





Or les souvenirs d'amour ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l'habitude. Comme celle-ci affaiblit tout, ce qui nous rappelle le mieux un être, c'est justement ce que nous avons oublié (parce que c'était insignifiant, et que nous lui avons ainsi laissé toute sa force). C'est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur d'une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-même ce que notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui, quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore.

Marcel Proust (A l'Ombre des jeunes filles en fleurs)



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david 08/11/2008 20:00

Dia de los muertos: le début d'"Au dessous du Volcan", bien sûr, mais ça me fait penser aussi à la Toussaint en Pologne et toutes les tombes illuminées....

david 08/11/2008 19:40

Jamais réussi à lire Proust, j'avoue que j'ai tendance à m'endormir au bout de 3 phrases. Mais je manque sûrement quelque chose...un jour, peut-être...