uranien (chaque jour...)

Publié le par Cranskens






En vérité je sais. L'infiltration des veines et la gueule de travers. Je suis ce goût amer de toute infinité. Et les paroles en l'air et le coeur atrophié. Je cherche le remède en fouillant d'autres corps. Après le mien je blesse et suspend le soleil à mon front entaché. Les pulsations reprennent, de force je me digère, laissant le froid m'étreindre et la violence éclore. Je m'en sors sans appel, prétextant l'essentiel, le temps du renouveau et la mendicité.
Inapte à te sauver, chaque jour est éternel, tu as creusé ta tombe et renversé les règles. Mais je reste de marbre et maudis ton ivresse. De l'éclat éphémère qui ne serait jamais, tu as fait ton allée. L'abandon sans empreinte te comblait de transports. N'ayant besoin de rien, tu fuyais, lourdes larmes, le monde à tes côtés. Ce que la honte est fière sur les murs érigée ! Tu as tiré les traits que le feu entretient comme à son habitude. Sur la route, le mépris, menteur, pute, et le doute; pour finir, mon ardeur à te les inculquer. Dans un coin de ton ciel, l'oubli inaccessible qu'on n'entendra jamais. Préserve-moi, avec Dieu, mon amour, les tournesols en lisière. Comme la lumière est belle et le pardon sonore !
Et quand je serais morte, ton histoire achevée, que d'un pouce et d'un seul elle m'aurait ressemblé, tu dirais : allez, repose en paix, je ferai semblant de m'en foutre!



 

Publié dans poèmes

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... 09/04/2009 17:07

Blue Jam 23/10/2008 21:35

Comme toujours, les mots font vibrer nos certitudes ici.Faire semblant de s'en foutre, j'ai toujours pensé, que c'est ce que nous savons faire de mieux.

Plaiethore 22/10/2008 15:51

Digérer son moi-proie... comme une irrépressible attraction, comme une très singulière démarche à laquelle l'on ne souhaite même pas donner l'éventuallité d'un salut. Il ne saurait s'agir d'une simple plaie, il s'agirait plutôt d'une très lente mastication de sa propre existence, de la recherche d'un goût puissant de viande faisandée d'où naitraient les vers-proses de la lucidité intérieure.Je n'ai jamais fermé les portes. Je me trouvais dans l'entrebaillement, à bailler le silence assez incompréhensible, à la recherche d'une solitude nécessaire à je ne sais quoi.J'en étais là. Je suis venu.Vous ne m'avez pas manqué car je ne suis jamais parti.Vos mots m'ont touché. Amitiés à vous cher Lunaire.

L.E. 20/10/2008 20:10

Ces temps sont les premiers, Cranskens je suis jeté à terreprends soin

Audrella 16/10/2008 14:30

perturbant et véritable !