tant le ciel

Publié le par CE





Il aura suffi que l’automne frappe des deux mains le ciel sale pour que les vieilles villes radines s’abandonnent enfin. Les idéaux flétris, souillés de fluides hideux que l’eau claire épongerait, marchent derrière elles. Ils font des pas de géants, depuis la lune jusqu’ici, attendant la fausse note et redoutant l'abîme. Les grandes dames scintillent vues des ponts comme au feu d’artifice mais en fait moississent -rouges- lestées de leurs trous de mémoire, galopant sous les rayons blancs et noirs d’un soleil accommodant. Elles avancent, le masque levé, affamant l’éclairage qui les rendait si belles et de mille meurtres soudain s’éblouissent. En vain parlons du vice et des mots contrefaits qui doucement s’apprivoisent. Ils se réveillent en moi ou ne dorment que d’un oeil. Plutôt dire qu’ils me soulèvent volontiers le coeur. En toute innocence ? Je m’étouffe le gosier : c’est l’enfer qui s’ébauche et l’orage qui conclut le premier couplet. Qu’il vienne l’automne avec ses airs de Dieu, je lui donnerai à boire de mes pardons passés, comme on pleure.



Publié dans poèmes

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Thom 27/08/2008 18:27

Un oeil, c'est déjà trop pour le vice. On aimerait parfois qu'il sache se taire...