bout portant

Publié le par Cranskens







Vendredi 13:
La solitude de mon souffle. On a essayé de me prescrire une dose. Puis deux. Je me cramponne. Un visage d’il y a 10 ans au moins est revenu me hanter. Les rêves changent de cap, plein élan vers l’arrière. Après, quoi ?

Dimanche 15:
J’ai mouillé ma chemise, il y a de nouveaux remous. Où que tu sois, je te serre de près. Au jour le jour, tout ce qu’il sera bon de vivre.

Lundi 16 :
Ecoeuré, je pars, sans drap, sans mouchoir. J’ai peur des bourreaux et des tourbillons de cendres. Ceci est le début, ceci est peut-être la France qui part en lambeaux. J’entends la sirène. Elle ne vient pas.

Mardi 17 :
J’ai toujours en tête l’odeur des ajoncs brûlés. La terre est noircie, le jaune sur une toile, toute la démesure du val sans retour. C’est qu’on nous demande de ne pas talonner le ciel. Et de se commettre en digne fils de l’homme.

Jeudi 19 :
Ignorer les ruines et se refiler les bons plans. Ici ou là, le charbon ou le sud de la République. Tous les ascenseurs sont bons à prendre. Je ne connais ni mes droits ni mes limites. On me les apprend, je mange la soupe. Il me reste à savourer tant de bienveillance.

Dimanche 22 :
Nous sommes tous abandonnés. Tu te prends au jeu et je me surprends encore.

Vendredi 27 :
J’ai choisi. A ras de trottoirs, en écartant les jambes. C’est bon d’en conclure à l’auto-suffisance des nations. L’Europe s’évapore, soi sur le papier. On finira par trouver ça au poil, on s’accomode bien des restes, la musique, l’amour, les arrêtés municipaux. Quand on gazera les autres, j’irai fumer dans les bars. Peut-être on me reconnaîtra, peut-être on rejouera la scène, peut-être il y aura une trappe sous mes pieds. Comme je me tiendrai sur le départ, on écarquillera les yeux. Peut-être ce sera définitif, on croit pas aux morts, on croit plus. J’essaie de renvoyer la balle, à l’approche de la fin, en forçant les barrages. 

Samedi 28 :
Quelqu’un m’a pris en stop. Personne ne tire et je me débats. Le corps est à genoux.

Dimanche 29, etc :
Des années d’errance, les yeux au ciel,...
Si jamais je devais revenir.




Publié dans textes

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Niko Kitourne 20/06/2008 12:23

…syntaxe du temps qui passe, on attrape quelques lambeaux, on les rabiboche comme on peut… ici plutôt mieux que bien, plutôt pire que bien, plutôt mieux pire que bien…

cransk. 17/06/2008 00:12

Je kiffe aussi, allez, Thom, mon 40ème pseudo, les années d'errance, le manque, the girl, le désert, Gobi, c'est qui, c'est où ?

Gobi 16/06/2008 13:51

Hé, le lien sur l'image, "des années d'errance", bien, bien ! Le pseudo, tiens. That's the girl ?

Thom 16/06/2008 13:23

Moi aussi je te kiffe. Grave, en plus. Et ton texte c'est dlaballe. Sérieux.(et je kiffe ton quarantième pseudo en deux ans :-)

cranskens 16/06/2008 00:33

J'en suis ravie. C'est quand même dégueulasse, comme mot, kiffer, mais bon. Humeur trash yéyé, je me remets aux détectives sauvages et je ferai gaffe au Rothko la prochaine fois.