Vendredi 28 septembre 2007

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Il y a beaucoup de monde. Je me souviens des rides flottantes de la patronne, de l'éclairage sec, de la fleur tout près qui s'accroche au béton. C'est l'écrivain qui a raison, tout va mieux, tout va bien quand on dit le vulgaire, quand on marche sur la pointe des pieds, de toutes façons pour quoi faire, le creusé des joues, le coeur aviné, non, j'ai rencontré le réel en sortant du métro, il se laisse faire, j'ai décidé d'aimer le réel, ça commence. Les gens sont malades, on les voit sur le trottoir, les yeux, l'eau qui remonte, à se toucher le ventre. Le ciel est gris avec des nuages bleus, encore les Muses, un poteau, bien, je ne refais plus le monde, il s'infiltre, je l'accueille, je dis le réel, je veux, ça vient, et pourquoi toujours la poésie, non, les choses intactes, comme elles ne devraient pas être, je sens que ça vient, je me nourris, j'ai faim, je dis oui, tout s'explique, alors les échardes de toi dans mon coeur attendent et le vieux monsieur remonte lentement la rue. Il glisse une main dans son gilet de laine, il en sort un cahier à spirales, il s'arrête. Non, les anges ne sauvent que les poètes, et une fois, une seule fois, après il faut faire avec. Il s'arrête. Il a déjà été sauvé. Là, je ferai un portrait de lui, si beau qu'on l'accrocherait au mur. Déjà sauvé. Encore son visage, qui dérive, qui me dit le réel et qui sait et qui voit venir, noyé dans la foule, je ne sais plus quand, sous mes doigts, je lui ai dit, c'est passé, c'est tout, c'est là, c'est maintenant et c'est vide le coeur rongé du réel
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