
Je sillonne
Le chemin de fer
Le silence ouvrier
J'épuise mes ancrages et mes vanités
Sauve-qui-peut
En vrai, c'est le désert qui compte, le sol frissonnant et la mer que forment au-dessus les nappes de poussière. On s'y frotte et on l'emporte avec nous, sur les routes. Alors quoi ? L'héritage rouille et sans qu'on dise rien son silence nous apaise. Apparaissent les murs transis contre lesquels on se recueille, les griefs consommés, et qui nous recouvrent, nous retrouvent planqués derrière les piliers de béton, trois appels d'air, et le vide, il s'avance dans les morceaux de verre et les trappes assassines.
On aspire mais elles subliment qui, nos courses vers l'idéal en friche ? Quelles images lourdes de terre sous les remparts fauchés s'abandonnent soudain ? Quelle vision, à nos pieds, qu'on n'a plus qu'à cueillir et qu'on sentait chaque jour aiguiller notre coeur ?
Salles revêtues d'un fatras sublime, crues malgré la lumière en fuite.
Ciel foutu de juin qu'on étouffe dans son lit.
Salles où l'art seul opère, où tout est accompli.
Gitanes au creux du fer,
Peintures à la lisière,
Yaourt, suicide, pardi.
Lieu saint, ivresse, je t'accroche en haut des marches, près des vieillards aux cheveux blancs, au coeur de mon aliénation.
par C.Egolf
publié dans :
poèmes





