Moi aussi. Il flatte le ciel. Je fous tout en l'air. C'est la marche du soir. Il baille aux corneilles. Lui aussi il marche le soir et sous le ciel.
La vitre est sale. Je ne sais pas si les étoiles tremblent ou s'il faut nettoyer. Rouge vert. J'ai découpé mon rêve en tranches hier. C'était prometteur, ça disait : rejoins-moi là-haut avec une
feuille et un verre. Il longe le quai. J'ai pris un stylo. J'ai noté. Il n'habite plus là-bas. Un pont, deux ponts. Il faut se rappeler de ne plus y passer. On sonne dans mon rêve. Il baisse le
store. Je courtise le ciel. Lui aussi il rêve. C'est la marche du soir. Il fout tout en l'air. J'ai nettoyé la vitre et les étoiles cillent. J'ai fait un rêve. J'ai écrit : la vitre est sale, les
étoiles troubles. Lui aussi. J'ai oublié la feuille. On écrit sur les murs. Il passe des journées entières dans les arbres. C'est un exemple. Il dit : j'aurais fait pareil. Il peine le long du
quai à suivre des yeux le reflet des étoiles qui vacillent. L'immeuble est massif : portes-fenêtres, volets fermés, balustrade, grille. Une drôle de sonnerie. Il lit quelques mots. Il en ajoute.
Les jeunes filles. Sur une autre feuille : moi aussi.
par C.Egolf
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