Le soir où je suis revenue. C'était un soir de février je crois. Une vieille femme encore qui me regardait au travers de la vitre. Dans le train, je ne bronche pas, je prends l'air, je m'arrange pour ne pas rater la dernière marche. Je me demande : est-ce que c'est bien la peine une brisure en milliers d'éclats ? Il fait chaud dans la rame, quelques pousses vertes au sommet des tilleuls de la grande avenue, je fredonne tout bas j'ai l'impression mais peut-être je chante haut et fort, traînant sur certaines syllabes, oubliant certains mots, glissant en rythme le long des rigoles. Dans ma tête un jeune homme attache des feuilles blanches aux branches des arbres. C'est la voix de mon frère : le soir où je suis revenu, c'était un soir de novembre, tu te souviens, j'ai pas pris le chemin habituel, j'ai contourné les grilles du parc, vidé mes poches dans les grandes bennes pas loin de l'Arquebuse, traversé la passerelle des anglais, Saint-Médard, la petite église, la station-service, je filais, des pierres plein les poches, je les garderai je me disais. La suite, tu la connais pas vraiment ou c'est peut-être comme t'as imaginé. Je te la raconterai plus tard si tu veux. Je veux, elle me plairait ton histoire. En voix de basse, comme celle de mon grand-père, en conteur chargé d'âme, en images aussi. En attendant je marche, vite et puis moins. A mes côtés, une voix plus lourde, de contes noirs, qui me suit, sans lueur sans âme, jusqu'au milieu du pont métallique. Je ne plie pas, je pourrais, et alors ? C'est là que ça part en vrille.
J'ai remarqué un type tout au fond de la salle, on dirait qu'il prie, c'est idiot. Au comptoir, je commande la meilleure bière du monde, glory hallelujah, je me coule dans chaque sourire, je peux, je pourrais, j'ai pas fait cent pas en tout.
La fille, le mec me raccompagne, on parle littérature, mors fendus, fendillés, reliure frottée, envois d'Artaud, de Musset, là je perds le fil, les doigts, nuque brisée, je l'agrippe à ma langue attrape rêve, touchée, je touche, me détache, très loin les bras. Si j'avais un flingue, je lui aurais posé sur les tempes jusqu'à ce que la lumière soit. Sans lueur, sans âme. Sur mes tempes. La même musique, on s'arrête. Le soleil descend, rouge. Ca repart.
Le jour de mes quinze ans, j'ai su
On ne se sent jamais aussi
Des vieux en état
Et puis croire, trois fois le panneau, dessus : take care of words. Ne me lis plus jamais.
Je ne suis aucun des mots suspendus aux poignets. L'absence de profondeur, l'intermittence des coeurs, la synthèse usurpée modèle-entité, les principes beaux laids humanité distance, j'envisage. Et le goût de langue coupée. Je ressens, brèche ouverte, la mémoire, les balâfres, disette et bleu de travail dans le regard impavide des passants étrangers natifs fruits secs attachés à leurs racines boiteux du dimanche. L'objet : un amas de chair recueilli sous un stock bricolé de couvertures qui ferait rendre tripes et boyaux. Il fait froid, le tas d'yeux émet des ondes, alarme, au feu, qu'est-ce que je ne donnerais pas, une minute à moi, le promontoire le plus proche, à s'en mordre les doigts, la langue, l'âme, nihilisme, amour-propre et autolâtres, là-bas, il y a du coeur à faire battre, au bûcher les traîne-savates.
Tant qu'on y est, il y a mes yeux aussi, le creux de mes côtes, ma tête de fou. Et dehors les vieux qui errent, les apprêtés slim-menus-ras-des-pâquerettes qui embrasseraient les icônes, comme ça, gratos, juste pour dire. Et le reste. En état de gober les mouches, temporisateurs avertis et vide-bouteilles, la cicatrice sur une brûlure intacte. Il y a tout ce qui me fait courir et sombrer dans Paris. Je cherche les ponts. Je m'arrête où coule l'eau rance et infectée du fleuve. Là je me fige, me déploie, je voudrais ne jamais avoir vu l'éclat suffocant dans la face abîmée des vieillards croûlants, des jeunes sans pitié, des gens qui n'en finissent pas, l'aube, la lueur, la flamme.
Redécouvrir la clarté des eaux dormantes, la morsure à vif du zénith, de l'écho à crever les tympans.
Je voudrais ne plus être honnête, de montagnes au loin en refuges mezzanines et le drap des apparences.
Je pourrais partir, mourir, fermer l'oeil, mourir.
Il y a ces rues en relief blanches oranges jonchées de vieux restes, obliques, parcelles et cours pavées. Ca soigne rien, ça laisse le poison tranquille, ça l'extrait une heure, une autre et puis plus, plus ou moins. Au centre des choses.
C'était devant la fenêtre de ma chambre, si je visais bien entre les deux massifs immeubles bas standing, je pouvais voir les deux flèches élancées de l'abbaye Saint-Jean des Vignes se rejoindre dans le ciel. Un jour, c'est là que j'avais plongé, murs défoncés, gamelles sur gamelles, souliers troués. Il y traîne un goût d'innocence qui me conduirait n'importe où. Je sais plus quoi en faire.
(Je t'ai laissé à Caceres Brest Berlin, tout en haut de la terre de la mer du givre il y a deux trois cinq ans).
Et si je m'éclatais la tête, ta main cherchant mon squelette, à l'envers, je ne passerai pas l'hiver, c'est promis. Ne lis plus jamais ce que j'écris.
Je préfère remonter le long de
Du soleil perdu dans
Elle et moi souvent nous
J'ai craqué pour une machine à écrire, le liquide, le liquide, le reste de la ville. Et la suite s'écrit pas grand frère s'écrit plus des cendres de cahier déchiré brûlé les mots rendus les armes. Promets-moi de ne pas me lire.
J’ai mis de l’ordre, viré les comètes, aspiré le doute, éternel, en confiance, j’ai raté mon envol, réussi l’exploit de m’endeuiller vivante, de dire j’y crois, ta vieille peau malade qui ne me frottera plus, et l’inexistence, la fable, le père Noël, une souris verte, je sais mon ange que tu pourris dur et fort dans ma tête, le corps est lâche, je siffle et des ailes me sortent des doigts, j’ai les lèvres bleues comme avant, et le désir bloqué dans le temps. Cette blessure qui ne se referme pas.

Yum yum they're screwing around
Noises are coming through
You'd better not get that hard stuff
That cheap junk in your mouth
You'd better fill up my suitcases
With high boiling poetry
Cos an other sleepless night is turning
And i give in i give up i give in
And i'm listening now
I'm very close to the speakers
All is so weirdly parasitized
Shut the fuck a man is saying
An other one tells he's stucked in a reversed world
And people ask and people claim
Pretending i'm searching for a poem to disgorge
But i'm not
Speak louder
For i'm listening now
Good news
No way no way
My piteous sedatives are burning
And i'm feeling right
Cos it's the last chance
You'll never reach the tune again
No one will
The procession is chanting
We're all gonna die
You'd better delight yourself
As i grow sick and i grow mad
Everyone is calling
Kids and voyeurs and stowaways
They all seem to know
Seems you don't
I hold the barbiturates in my head
And i try euphoria again
(i reach the air pump)
Breathe in breathe in
Everyone is saying
They all look so assured
And i hold on
But it slides down my rhyme scheme
She freaks out on lights
For there's no light inside
She's a light addict
Don't kid yourself a thin man is talking
He's a real tear jerker
Although i saw him in some Hawks movie
And he says your funeral comes closer
(in two seasons)
He's so confident and so heroic
And he has no mercy
Breathe in breathe in
Clap trap again
100 sheets of white paper
No less than 2 guitar strings
It makes delirious noises
(the same crap on TV)
I call the window cleaner
And i sleep off
That's how i know
That's how i become a prayer wheel
That's how i damn myself
Where is the game to play ?
A woman stopped loving his murderer
The day she died (such a day)
The thin western man left me
Beneath the sky
The ghost town is so desperately glaring
Lime blossoms and green everywhere
Each day is not as new as it seems to be
Breathe in breathe in
Your voice again
The sweetest and blankest
I'm reaching the highest place
I'm searching for monsters in the clouds
But all i find is a green-eyed face
And i wonder if the face is yours
Or if it's some kind of revival
Under the light and smelly rain
And the well known speaker
He does it again
Breathe in breathe in
(forgotten frequency)
I dedicate it to the aching hearted girl
Who struck me down the other day
Things are not staying the same
I can't stay that high
Without calling round
1 2 3 4 5
I'm looking upwards
And i'll fall all alone
Won't i ?
Breeze on the gravity waves
Sputterings and unsaid things
(deep breathing)
Behind his large and incomplete smile
The gravedigger's waiting
"Bring me home child"
He whispers trembling
As if above me
But i can't stay in here
He loved me once he says
He tells a good story
And i'll never be sure
He ever told me a lie
As if above me
The leaves were floating
And now i'm doing a headstand on the highway
I introduce my figure of fun
Talking about what gets from the night
On the starting line
With a wing of mine
As if above me
The sky wasn't already burnt
Just next to the gutter
The flying autumn leaves
What if i felt too much
What if i feel
'Cos now i'm washed away by the tide
An heart failure at the break of day
Wishing to be all eyes
As if above me
Walking alongside
The gravedigger had found his way back
Lost his way home whatever
An exit sign
If ever ?
Did you ever ?
Il y a des feuilles qui pendent
Vertes comme le coma
Je poursuis
En avant
L’un d’entre nous se shoote
Se shootait - Héroïne
C’était mon monde - réel
A peu de chose près
Pas de vague, princesse au petit pois, la mer brute
Etendue
Toutes portes refermées
De quelle nuit, de quelle lutte
Est-ce d’avoir trop rêvé ?
L’encre encore une horloge
Pillées les aubes dans mes yeux
Drogue dure - les effets
Bleu nuit
Brûlée jusqu’à l’os
Niée jusqu’à la disparition
Qui s’impose - deux temps
Je mesure
Je poursuis le réel
Son évidence
Mes bouffées d’ignorance
L’inconsolable inaccessible qui te loua son coeur
Poison mains aveugles pages blanches tabac froid
Je sentais les heures en nous
Sans refuge
A ciel ouvert
A tort à raison
Ce manque en toi
Depuis toujours ce vieux deuil, la faim
Ce recoin d’ombre
Que j’ignorais
Que j’ignore
Barre-lui la route
En coulures d’encre
Ne t’apprête pas, parais simplement
Entre ciel et terre - le réel











