
Vous reprendrez un verre
En hommage aux salauds
Rien ne vaut la rumeur
Face à la cendre froide
Que tout se perde enfin
Et reparte à zéro
La mémoire en impose
Réduite aux jours d'avant
Sans son triple cancer
Je vous le donne en mille
Les étoiles sont ravies
Et nous en sommes malades
De n'avoir d'autre choix
Que de brandir serrés les uns contre les autres
Notre confiteor
par C.Egolf
publié dans :
poèmes
J'en rajoute
Les poings liés lorsque tu te dérobes
J'y ai cru
A la tourbe
Aux berges hautes et humides
J'y ai fait des entailles
Quand elles sèchent je les ancre
Qu'importe les saisons
Je te raconterai
Mon chemin sur la lande et les cercles d'ivrognes
Je n'ai pas vu la mort
Je me demande en rêve si ta brisure l'emporte
Je suis le cours des eaux
Et le vent
Sa rumeur
J'en rajoute
Je me doute
Que tu t'enfuis encore
par C.Egolf
publié dans :
poèmes

Elle marchait devant, avec lui, j’étais derrière, il y avait des éclairs à la surface de l’eau. Il faisait noir, je les regardais s’éloigner. Elle m’en voulait de le sentir si proche de moi alors ils m’avaient distancé sans qu’elle ait besoin de rien dire. Je suis monté sur un banc, avec mon écharpe rouge, j’ai fait des appels, j’ai sorti la lettre de ma poche de veste. L’eau sombre étincelait, j’ai écouté mon corps, j’ai cru voir des bulles enfler dans la rivière. Je respirais difficilement, vous étiez loin, si loin, en train de vous noyer et j’égrenais les mots en déchirant la lettre que le vent me ramenait par bribes. J’ai entendu du bruit derrière moi, j’ai sursauté. J’ai eu honte quand il m’a demandé ce que je faisais. Des phrases sales, à détruire, en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Rien, je prenais l’air. J’ai accepté de tirer sur son joint, il m’a raconté des trucs que je n’écoutais pas, il voulait partir je crois mais cette ville lui collait aux basques. Il était plus âgé, la vingtaine bien tassée, je devais partir aussi, avant la chute fatidique. Il a fait mine de comprendre. Il était beau, assis dans le noir, cherchant ses mots, ma main, ma bouche, mes mots envolés à ses côtés, vers vos silhouettes brouillées qui m’appelaient et que je ne voulais plus voir.
Je suis mort une deuxième fois ce soir-là, je n’avais rien bu, j’étais saoûl, il brûlait, je souffrais, je me prenais pour un poète et vous étiez sur l’autre rive.
par C.Egolf
publié dans :
textes
Pas grand chose dans cette boîte en métal cachée sous le lit. Une cassette audio sur laquelle sont enregistrés les succès radiophoniques de l’année 1982. Quelques lettres. Des
photos. Mon vieux journal intime.
Je glisse la cassette dans une de mes poches de jeans, je m’attarde sur les photos, parcours les lettres, pas longtemps. Je relis les dernières pages du journal intime, je ne ressens rien - ou si peu. Je range le cahier, les lettres, les photos -sauf une- dans la petite boîte à biscuits que je réinstalle précautionneusement au milieu des nids de poussière, sous le lit.
J’ouvre sans bruit la fenêtre de ma chambre et m’installe sur le rebord en briques rouges. L’acacia qui trône au milieu du jardin ne veut toujours pas mourir malgré les lianes parasites qui le rongent et qui l’étouffent. Je me souviens du hamac suspendu il y a longtemps déjà entre le vieil arbre et le cerisier. Même à grand renfort de coussins, je ne m’y étais jamais sentie à l’aise. Je l’avais vite délaissé, lui préférant les marches de l’escalier qui menait à la terrasse et le banc de bois délabré qui donnait sur la rue de Mayenne. Une petite porte qu’on n’ouvrait qu’en de très rares occasions permettait d’y accéder. Généralement, les sorties s’effectuaient depuis l’autre entrée de la maison familiale, que défendait un lourd et massif portail vert bronze couvert de rouille. La petite porte en chêne avait été peu à peu condamnée à l’immobilité. Ne demeurait du rôle lointain qu’elle avait du jouer en d’autres temps que cette enseigne de fer fantasmée du haut de mes rêveries d’enfant : “Cercle d’escrime - 1881”.
Je glisse la cassette dans une de mes poches de jeans, je m’attarde sur les photos, parcours les lettres, pas longtemps. Je relis les dernières pages du journal intime, je ne ressens rien - ou si peu. Je range le cahier, les lettres, les photos -sauf une- dans la petite boîte à biscuits que je réinstalle précautionneusement au milieu des nids de poussière, sous le lit.
J’ouvre sans bruit la fenêtre de ma chambre et m’installe sur le rebord en briques rouges. L’acacia qui trône au milieu du jardin ne veut toujours pas mourir malgré les lianes parasites qui le rongent et qui l’étouffent. Je me souviens du hamac suspendu il y a longtemps déjà entre le vieil arbre et le cerisier. Même à grand renfort de coussins, je ne m’y étais jamais sentie à l’aise. Je l’avais vite délaissé, lui préférant les marches de l’escalier qui menait à la terrasse et le banc de bois délabré qui donnait sur la rue de Mayenne. Une petite porte qu’on n’ouvrait qu’en de très rares occasions permettait d’y accéder. Généralement, les sorties s’effectuaient depuis l’autre entrée de la maison familiale, que défendait un lourd et massif portail vert bronze couvert de rouille. La petite porte en chêne avait été peu à peu condamnée à l’immobilité. Ne demeurait du rôle lointain qu’elle avait du jouer en d’autres temps que cette enseigne de fer fantasmée du haut de mes rêveries d’enfant : “Cercle d’escrime - 1881”.
par C.Egolf
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textes

Faudrait qu'on se serre
Et tirer une croix
La lumière pourra bien venir
D'autres que toi
Au risque de te perdre
Et de sauver ma peau
Parfois j'oscille
La tête au ciel
A la surface du monde
Je peux toujours courir
Et coucher dehors
Et prier
Viendra ce temps de la nuit
Où je me réglerai à nouveau
Sur les battements de ton coeur
par C.Egolf
publié dans :
poèmes












