Mercredi 16 mai 2007

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they went down the world
when i fell asleep in a nihilistic dimension
it was a great deal
and it was happening
the worst breeding on my lips
then turning with delicacy
i feel so close to that absolution
can't complain about
i'm not trying to stay awake
beneath my scattered star
with some guy squatting by the river
waiting for something that would come

i'm a pass holder
entering the room where nothing happens
and bringing an end to it
the losers and the winners
are the real men
the good ones
i'll pay my tribute in a short while
and any time
after the requiem mass
no matter what can be
and which pieces are missing
it was a pleasure to be here
from the beginning
a little further down the track



par C.Egolf publié dans : poèmes
Lundi 14 mai 2007
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Trop faible pour lutter contre ton corps de marbre
Je suis presque à genoux tandis que de ta bouche
Le verdict est tombé
La traînée de l'amour
Tes yeux sont du charbon inspiré des poètes
Et je m'y emploierai à chercher la fissure

A crevasser les murs
Je fendrai l'air, courant, ivre, hurlant à la lune
La braise de ce feu que découvrent les anges
Un beau matin d'hiver
Immobile en ton sein
Je suis ton seul captif
Et je les entends dire, qu'ils disent, je m'en fous
L'écriture, vieil affront, me sauvera la peau

 

 

par C.Egolf publié dans : poèmes
Dimanche 13 mai 2007

 

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Il marche. C'est ainsi. Près de la gare, le nez collé au bitume, les dimensions l'écrasent. Parfois, un nuage de poussière l'éblouit. Le gris, ça lui évite les points de fuite, il se concentre sur les pas et sur les traces, il y en a peu. De là-haut, la vision des rails le recadre, il a les yeux bouchés, la rue de Rome est morte. Dans le square des Batignolles, il envisage les heures à venir, renonce; la vraie raison de cette sensation de vide, ce n'est pas lui, il ne saurait dire si c'est pire, il sait que oui. Alors il marche au hasard, les jours rallongent rue des Moines au milieu de la nuit. 

 

J'avais oublié son visage; à force de concentration, j'ai fini par le retrouver. Je me souviens de l'impression forte que j'avais ressentie quand il m'avait souri, son regard doux, l'air perdu et fragile, ce sourire qui n'existe qu'en rêve ou dans les couloirs de l'enfance. J'avais détourné les yeux, instinct de survie.
Et dire qu'il y avait ce lac qui me brûlait les yeux et ces êtres qu'attirait la lumière. Et dire que c'était l'été bientôt.
Je guette et je crois le voir disparaître sous un flot de larmes.

 

Il faudrait se rappeler du jour exact et l'extraire du temps.

 

 

par C.Egolf publié dans : textes
Vendredi 11 mai 2007




 

 

Je n'invente rien. Un jour, la fièvre tombe. On se réveille peut-être avec une vague idée de ce qu'il faudrait dire, les rasoirs couverts de rouille, les boulets qu'on se traîne, les doigts qui frôlent la vitre attendant dieu sait quoi. Mais on ne dit rien, on range soigneusement les fleurs pourries dans un carnet, on réajuste sa veste, le chapeau du grand-père, une mèche de cheveux. On s'apprête à se mesurer au vent de Novembre, à remonter la rue étroite et poussiéreuse qui mène au parterre dégarni du monument aux morts, et on se lâche, on parle aux fantômes, les siens et les autres, qui se pointent en claudiquant, qui ont la gueule friable, qui condamnent et qui bavent et qui sont à détruire, à traduire en gestes avant qu'ils s'évanouissent, à détruire au final.

Où, comment, pourquoi ? Pendant des années, on en entendrait parler, de la silhouette agenouillée près de la fenêtre, des hommes devant, trois balles dans la nuque, derrière les volets, la foule universelle s'impatiente, elle en appelle aux mains et au pardon des écoeurés de la gâchette, des saints sauveurs ratifiant visage en croix la mort, elle bêle et applaudit du bout des doigts ceux qui claquent des dents et brisent les miroirs et en reprennent pour dix ans. Au moins, l'heure tourne. Tant bien que mal, on s'en approche. Marcheur, on préfère la compagnie de l'automne, l'hiver, les draches diluviennes ou le vent en rafales. Et les odeurs de cave s'enfuient, eau croupie, bois moisi, sang lavé par la pluie, de rigoles en caniveaux, c'est assez, qu'on me vide, le déluge, en-dessous le vide, le vide, et encore le vent.

L'homme s'est assis sur les marches du monument aux morts, il ne se retient plus, il pleure, des amoureux perdus derrière ses larmes, la patrie reconnaissante. Dans l'ombre, un éclair rouge vif, un voile, des yeux se noient dans l'infini silence.


par C.Egolf publié dans : textes
Mardi 8 mai 2007

 

 

il paraît

 

(pas d'image)

 

 

par C.Egolf publié dans : ailleurs

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en substance

?

Frankie Addams





C’est arrivé au cours de cet été vert et fou. Frankie avait douze ans. Elle ne faisait partie d’aucun club, ni de quoi que ce soit au monde. Elle était devenue un être sans attache, qui traînait autour des portes, et elle avait peur. En juin, les arbres avaient été d’un vert étourdissant, mais les feuillages s’étaient mis à foncer peu à peu, et la ville était devenue noire et comme desséchée par le feu du soleil. Dans les premiers temps, Frankie avait l'habitude de se promener sans avoir rien à faire de précis. Au petit matin et au crépuscule, les trottoirs de la ville étaient gris, mais le soleil de midi les transformait en miroirs, et le ciment brûlait en scintillant comme du verre. Frankie avait fini par trouver que les trottoirs étaient trop chauds pour la plante de ses pieds et, d’un autre côté, elle commençait à avoir des ennuis. Des ennuis si graves et si personnels, qu’elle avait jugé préférable de rester calfeutrée chez elle – et chez elle il n’y avait que Bérénice Sadie Brown et John Henry West. Ils restaient assis tous les trois autour de la table de la cuisine, parlant de choses toujours les mêmes, les répétant à l’infini, si bien que pendant ce mois d’août les mots s’étaient mis à rimer les uns avec les autres, en produisant une étrange musique. Chaque après-midi, le monde avait l’air de mourir, et tout devenait immobile.

Carson McCullers







Le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes




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