
Je voudrais m'étendre sous ton lit
A l'heure où les sanglots s'étalent
Maintenant que doucement résonnent
Les clappements secs de ta vieille peau
Ton pouce hors de ma gorge
Je me débattrai dans la vase
Par acquit de conscience
Ô étoiles pouilleuses qui n'entendez rien à rien
Avez-vous vu ? Je vire au bleu
La nausée a fait son ouvrage
Miséreuse Europe
Cuirasse syncrétique gâtée pourrie
Tes connes de voies express
Pétries de certitudes
Se délitent
Et je me prends au jeu de tresser ta descendance
A vue de nez je martèle :
(en faisant chauffer la bouilloire)
Agenouille-toi ! Pleure !
Qu'on n'en parle plus !
(Getting your thumb out of my throat
I'm gonna walk hard now
Up to you my Lord !)
par C.Egolf
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poèmes

Ce fut ainsi qu'en ce vendredi 24 août, le jour où Frank Weisher, à plus de 3000 kilomètres de là, se mettait à tracer des croix sur le plan qu'il avait déplié sur la table, je crus bon d'aller cueillir tout là-haut des épines.
Mes yeux ne se fermaient plus de bonne heure. En me couchant, j'esquivais l'étoile, le fer. L'aimant aimait le fer et j'aimais beaucoup ce mot : aimant. Mais je ne disais rien de ces choses. Il me faudrait du temps pour trouver le ton juste, les nerfs entortillés, je, il ou elle, distancerais encore les lueurs inertes.
Frank Weisher avait dû trouver l'entrée sud de la forêt privée. Il craignait maintenant de s'y égarer. Bien avant mon sommeil, longtemps, je me cherchais une opinion de passage. Planer. Planer au travers. Durant le rêve. Durant l'éveil. J'en riais. Si j'ai bonne mémoire, il fonçait, il ou elle, au travers de la lumière frissonnante d'une pluie d'été. Promenades nocturnes, de mot en mot, je croyais que j'allais atteindre le châtiment suprême, dieu du fer qu'un petit bout d'idéal en berne effrayait. J'aurais aimé que Frank Weisher se confie à moi. Pour tout dire, il m'avait souri. Il était adossé contre le plus bel arbre des lieux. Je me cachais à moi-même l'évidence de sa ramure dorée. Je brillais d'un désir incertain (les épines, tout ça). L'heure bleue, je l'entendais sonner, me posséder. Ce soir, il avait une main de conquistador, la tête légère et l'innocence à envisager. Mais les freins étaient lâchés.
La langue abîmée, je dormirais bientôt comme une huître.
par C.Egolf
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textes

Je me suis usé
navrant imaginaire
à remettre au lendemain le ton d'indifférence
désertant le réel qui me pendait aux basques
baisant ton front mille fois
commune éternité
J'ai buté quelquefois
en proie aux heures d'effroi que la mémoire impose
sur de tendres lisières
rien de grave
un bout d'os
un trottoir familier
l'éclosion d'un genêt
une rime sur la lande
ton nom abandonné aux sourdes convoitises
j'ai gardé le silence
passager clandestin
il se peut qu'une nuit
mais chut ! la pluie embaume
j'y ai posé mes lèvres
en vain
par C.Egolf
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poèmes

Je sillonne
Le chemin de fer
Le silence ouvrier
J'épuise mes ancrages et mes vanités
Sauve-qui-peut
En vrai, c'est le désert qui compte, le sol frissonnant et la mer que forment au-dessus les nappes de poussière. On s'y frotte et on l'emporte avec nous, sur les routes. Alors quoi ? L'héritage rouille et sans qu'on dise rien son silence nous apaise. Apparaissent les murs transis contre lesquels on se recueille, les griefs consommés, et qui nous recouvrent, nous retrouvent planqués derrière les piliers de béton, trois appels d'air, et le vide, il s'avance dans les morceaux de verre et les trappes assassines.
On aspire mais elles subliment qui, nos courses vers l'idéal en friche ? Quelles images lourdes de terre sous les remparts fauchés s'abandonnent soudain ? Quelle vision, à nos pieds, qu'on n'a plus qu'à cueillir et qu'on sentait chaque jour aiguiller notre coeur ?
Salles revêtues d'un fatras sublime, crues malgré la lumière en fuite.
Ciel foutu de juin qu'on étouffe dans son lit.
Salles où l'art seul opère, où tout est accompli.
Gitanes au creux du fer,
Peintures à la lisière,
Yaourt, suicide, pardi.
Lieu saint, ivresse, je t'accroche en haut des marches, près des vieillards aux cheveux blancs, au coeur de mon aliénation.
par C.Egolf
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poèmes
Laisse faire
Les verres de rouge aidant
Mes doigts sous tes cheveux
Abandonne un instant ta rue blême à la nuit
Laisse faire la lune enfin
Se défaire le filet
Use ton verbe retors
Le dégoût ajourné dans la contemplation
Choisis encore une fois
Les traces essuyées sur le pas de ta porte
Les êtres en face de toi
Trois ivrognes
Ils balayent
Laisse faire
Les feuilles volent
Nos penchants sans sommeil s'évanouissent à rebours
Garde-les bien au chaud
Nos vrillants lieux communs
Fuyant le temps, le train
Laisse faire et se défaire
Tes cheveux sous mes doigts
L'angoisse pieuse que signe
Le péché de ta bouche
Certains dimanches de mai
par C.Egolf
publié dans :
poèmes










