J’ai entendu la clef tourner durant dix-sept pages
Le silence se répandait du premier au troisième étage
Il a plié ses ailes en quatre et les mains levées
Vers le silence pour le saisir
S’est soudain jeté dans le monde
Brûlant de se prendre au jeu
Avec autour du cou
Le ciel morcellé
Qui s’étend, éternel
Avant de s’évanouir
Pour de bon
J’ai entendu la clef tourner durant cinq cents pages
Sans consentir à me rendre
Et je le vis s’évanouir
Ici ou là peu importe
Que le temps ne fasse qu’un
Avec le silence
En mon commencement la fin
Que mes yeux ont vue
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Au-dessous de l’aile gauche
A demi sur la corde
Au-dessus d’un dieu lourd
Qui coule tire
Sur mon stick
Sans offense
Pensant hauteurs et Sisyphe
En sursis près d’un pont
Guettant les moindres nuances
D’une hypothèse onyx
Mon âge avance
En relief
Dans le fond
Quelle importance
De sonner fort
De faire vibrer
Les idées fixes
Mon âge avance
C’est en relief
Qu’il bat le rythme
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Aujourd’hui, j’ai su que l’ivrogne serait le moteur de la narration. La plaie de l’ivrogne: il aurait suffi d’un peu d”alcool pour qu’elle ne s’infecte pas. Mais
rien. Le silence a créé l’ivrogne. Il n’a pas voulu fuir la vérité. Mais il a dû se l’inventer dans la fuite. Il pourrait dire cette phrase à un moment du récit : “il m’a fallu serrer l’absurde
au plus près et lâcher les racines qui me reliaient au monde”.
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Par CC
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Suffit de frois fois rien et la comédie nous échappe
J’ai laissé la fenêtre ouverte
Et mon étui à cigarettes noir
Derrière la vitre sans tain
Et j’attends
Que le type saute du pont de Brooklyn
Je sais qu’il aimera les fleurs jaunes
J’attends
A l’intérieur de l’église
Dans chaque recoin du choeur
J’aimerais cracher dans le refrain
Une phrase obsessionnelle
Le type me souffle :
A fleur d’eau
Je sais qu’il aimera les fleurs jaunes
Je prendrai la première rue à droite
Jusqu’à la frontière
Je sais qu’il aimera
Mes fleurs visionnaires
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Peu importe qu’il sombre, c’est une comédie.
Il va à la fenêtre, jette un oeil, nuit opaque.
Les jours, les mois ont passé sans qu’il en ait douté.
Il siffle et cet air-là aurait pu le faire rire.
Alors il rit.
Il mêle son souffle à l’usine.
Comme s’il lâchait prise.
Il échappe au silence.
Lui seul le front grave.
Sait ce que tu endures.
Alors il rit.
Parce qu’il ne peut rien faire d’autre.
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Par C.
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